Edito
Nous parlons régulièrement de l’accueil. Ouvrir nos portes, faire une place, aller vers ceux que
nous ne connaissons pas encore. C’est juste. Mais aujourd’hui l’Évangile nous emmène plus
loin.
Quand Jésus envoie ses disciples sur les routes, il leur dit : « Dans quelque ville que vous entriez
et où l’on vous accueillera, mangez ce qu’on vous présentera. » Drôle de conseil! Pour annoncer
l’Évangile, il faudra donc commencer par accepter d’avoir besoin des autres.
Les disciples ne partent pas avec leur table, leurs provisions et toutes les réponses. Ils entrent
chez quelqu’un. Ils s’assoient. Ils reçoivent. Ils mangent ce qu’on leur donne.
Ouvrir sa porte c’est bien, mais la question de l’accueil est plus large. Parfois il s’agit d’accepter
de franchir la porte de l’autre.
Nous pouvons être occupés à préparer une place pour celui qui arrive. Mais savons-nous encore
recevoir ce qu’il apporte ? Sa manière de croire, ses questions, ses habitudes, son histoire nous
laisseront peut-être inconfortables. Accueillir vraiment, c’est risquer de ne pas rester
exactement les mêmes.
Alors, en octobre soyons une Église accueillante, et surtout, soyons une Église qui se laisse
accueillir, qui accepte de recevoir l’Évangile autant qu’elle l’annonce, qui se « laisse réconcilier »
(2 Co 5,20) parce que c’est le Seigneur qui nous a accueillis le premier.
Rémi