Editorial

Edito

Février 2026: partager les combats

Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez la loi du Christ.(Galates 6,2)

Certains combats sont visibles : la maladie, la précarité, l’exil, la solitude. D’autres se déroulent dans le secret du cœur : le découragement, le doute, la peur de ne pas être à la hauteur, la difficulté de croire encore. Très souvent la lutte ne fait pas de bruit, se vit dans le retrait, parfois dans la honte, souvent dans le silence. Et pourtant, c’est là que se joue quelque chose d’essentiel de notre humanité: résister.

 

Résister à la peur de perdre, au découragement qui gagne quand le sens se dérobe, résister à l’incrédulité, à l’usure du temps, à la force de la pesanteur. Chacun porte en soi un combat qu’il n’a pas choisi. Le plus lourd est souvent de le porter seul.

 

Partager les combats, c’est consentir à ce que l’autre s’en approche. C’est reconnaître que ma lutte n’est pas un échec personnel, mais une condition commune: Je croyais être seul, pourtant je découvre un lieu de rencontre. Partager les combats c’est accepter de marcher un moment avec l’autre, sans savoir exactement où cela mènera. C’est écouter sans corriger, accueillir sans juger. Ce partage est un trésor fragile, il nait quand un espace devient sûr, quand la confiance est possible, quand nous cessons de jouer au chrétien qui va bien, pour devenir des frères et sœurs en chemin.

 

Pourquoi ? Parce que Christ ne supprime pas la nuit ; il y demeure. Il ne tient pas la souffrance à distance mais il la porte. En lui, le combat devient partageable, et le partage devient chemin. Alors en tant qu’Église, nous nous définissons bien plus par ce que nous portons ensemble, que par ce que nous produisons ;  par notre fidélité plutôt que par nos victoires, par notre espérance plutôt que par nos certitudes.

 

Rémi

 

 

Contact